23 avril 2007
Présidentielles 2007 : Premier bilan du premier tour
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sortent vainqueurs du premier tour de la présidentielle. Premiers enseignements, en attendant le deuxième tour, le 6 mai.
Premier fait notable, le chiffre de la participation. Le taux d'abstention historiquement bas à 15.5% reflète la très forte mobilisation des Français autour de cette élection.
Comme le prévoyaient les derniers sondages, Nicolas Sarkozy, à plus de 30%, et Ségolène Royal, à plus de 25%, survolent ce premier tour. Le deuxième tour sera bien la classique opposition droite-gauche attendue.
Malgré un score honorable, l'effet Bayrou à fait pschit. L'hypothèse de sa présence au deuxième tour, complaisamment entretenue par les instituts de sondage, n'aura finalement été qu'une illusion médiatique destinée à vendre du papier.
Pourtant, malgré ce non-événement, l'UDF se retrouve en position d'arbitre dans cette élection. Si la gauche non-socialiste (Olivier Besancenot, Arlette Laguillier, Marie-George Buffet, Dominique Voynet et José Bové) a déjà appelé à voter Ségolène Royal pour battre Sarkozy, il ne fait guère de doute que les électeurs de Le Pen et Villiers soutiendront majoritairement Nicolas Sarkozy au deuxième tour.
Dans ces conditions, le report de voix des électeurs de Bayrou sera décisif. Les négociations autour des portefeuilles ministèriels et en vue des prochaines élections législatives promettent d'être serrées.
Les jours qui viennent, et le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal prévu le 2 mai, s'annoncent déterminants. Restez connectés... ;)
20 avril 2007
La femme sera-t-elle l’avenir de la science ?
« Rat de laboratoire", "Géotrouvetout", "génie austère"… La femme scientifique est souvent perçue comme une espèce à part, cachée derrière de grosses lunettes, camouflée sous une blouse blanche et déconnectée de la réalité.
Il est temps de tordre le cou à certaines idées reçues et de mettre sous les sunlights, celles qui travaillent aujourd’hui, souvent dans l’ombre, pour rendre demain meilleur.
Faites le point en lisant notre état des lieux sur les femmes dans le monde scientifique avant de découvrir les témoignages de cinq femmes de science, battantes et charmantes.
Enfin, coup de chapeau à une initiative L’Oréal-Unesco qui encourage les chercheuses.
L'Etat des lieux
A en croire les chiffres, nous pourrions douter de nos capacités à réussir dans certaines disciplines. En effet, la représentation féminine est très minoritaire dans l’univers scientifique et la parité ne semble pas avoir encore trouvé sa place dans les laboratoires et encore moins sur les marches du podium de la reconnaissance. Ce milieu-là serait-il macho ? Pas seulement.
Une inégalité selon les pays
Selon le rapport 2006 de l’Unesco, les femmes ne représentent que 27 % des chercheurs dans le monde. En Amérique du Sud, elles sont 46 % alors qu’elles ne sont que 15 % en Asie. La Commission Européenne a recensé en Europe seulement 32 % de femmes dans les laboratoires publics et 18 % dans les laboratoires privés.
En France, en 2003, les femmes ne représentaient que 32 % de la population totale des chercheurs. L’Hexagone se situe dans la moyenne par rapport à ses voisins européens.
Une sous-reconnaissance
L’Académie des Sciences française ne compte que 28 femmes sur 507 membres.
Sur 516 prix Nobel en sciences et médecine, seules 12 femmes ont été distinguées (entre 1903 et 2006). Cocorico à l’incontournable Marie Curie (en 1903 et 1911) et à sa fille Irène Joliot-Curie (en 1935) !
Des clichés persistent
Malgré les progrès énormes et incontestables de la condition féminine, plusieurs idées restent encore malheureusement bien ancrées dans les esprits : certaines professions sont essentiellement masculines, la femme doit surtout se consacrer à sa vie de famille avant de songer à sa carrière, les filles sont littéraires et les garçons scientifiques…
Il n’est alors pas facile de se lancer dans une voie aussi exigeante que les sciences lorsque que règne déjà une importante pression sociale qui intime aux femmes de tout réussir si elles souhaitent tout avoir.
Les chercheuses rarement récompensées
Il suffit de regarder les chiffres (2 Médailles du CNRS sur 45 ont décoré des femmes, 12 sur 516 Prix Nobel…) pour constater que les lauriers saluant le travail des scientifiques s’accordent majoritairement au masculin.
D’ailleurs, Rosalyn Yalow (Prix Nobel de médecine en 1977) n’hésite pas à le dire : "les femmes douées pour le leadership sentent intuitivement de la part de leurs parents, leurs professeurs et leurs pairs qu’elles doivent travailler plus dur, accomplir plus, avec cependant moins de chance que les hommes de recevoir les récompenses qui leur sont dues". Pas très encourageant, non ?
Cette absence de reconnaissance peut donc en dissuader plus d’une de travailler jour et nuit derrière sa paillasse.
Marie Curie super star, où es-tu ?
Les femmes manquent de confiance en elles. Une étude menée dans l’enseignement secondaire en France 2006 révèle que 82 % des garçons s’estiment capables de suivre des études scientifiques. Contre 53 % des filles. Comme c’est dommage ! Peut-être leur faudrait-il un modèle auquel elles pourraient s’identifier. Un regret que partage Fumiko Yonezawa, prix L’Oréal-Unesco 2005 : "quand vous voulez devenir chanteuse, vous avez des exemples de réussite autour de vous. Mais le succès des chercheuses dépasse rarement le cadre des publications spécialisées".
A quand la parité ?
Sans oublier que les carrières ne sont pas toujours équitables et que bien souvent l’évolution des femmes s’arrête là où commence celle des hommes. D’après l’association "Femmes et mathématiques", les hommes ont 1,6 fois plus de chances de progresser dans un établissement comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Nous sommes loin de la parité ...
Les femmes seront-elles l'avenir de la science ?
Il semblerait que les femmes soient plus investies que les hommes dans les secteurs de recherche liés à l'environnement, la pollution, et la biotechnologies. Des domaines qui jusqu'alors n'étaient pas des plus fortement dotés en budget, mais pourtant lourds de conséquences.
De plus, nous connaissons tous l'adage "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" : or, les femmes, peut-être parce qu'elles-mêmes portent la vie, sont particulièrement préoccupées par la dimension éthique de leurs recherches. Par les temps qui courent où nous craignons tous l'émergence de Dr Folamour mal intentionnés, les femmes pourraient-elles apporter leur surcroît de scrupules à la réflexion ? On peut le penser.
Mais ne désespérons pas, le changement est en marche et de nombreuses initiatives encouragent les femmes à faire des sciences leur passion et leur métier. Notamment le Prix L’Oréal-Unesco (voir article) . Et à nous laisser penser que les femmes seront peut-être un jour l'avenir de la science...
L’initiative L’Oréal-Unesco encourage les chercheurses !
Les femmes scientifiques sont donc non seulement sous représentées dans le monde, mais le fruit de leurs recherches est malheureusement rarement reconnu.
Fort de ce constat, chaque année et depuis 1998, le prix L’Oréal-Unesco couronne cinq membres (une par continent) de la communauté scientifique internationale. Chaque lauréate remporte 100 000 dollars et voit ainsi ses travaux félicités et encouragés. Une manière de mettre en avant ces femmes, habituellement trop discrètes, et qui se transforment, alors, en modèles pour les scientifiques aspirantes.
La dernière remise de prix a eu lieu récemment à Paris. Pour l'Europe, le Professeur russe Tatiana Birshtein a ainsi été récompensée "pour ses recherches sur la forme, la taille, et les mouvements des molécules en longue chaîne". Autres lauréates : la néozélandaise Margaret Brimble pour son travail sur les mollusques ou encore la Mauricienne Ameenah Gurib-Fakim pour son inventaire des plantes de Maurice.
Les deux partenaires ont également attribué des bourses internationales à 15 post-doctorantes, qui vont pouvoir ainsi continuer leurs travaux à l’étranger. Parmi elles, la Sénégalaise Khady Nani Dramé, qui pourra poursuivre ses recherches au Centre du riz pour l’Afrique, à Cotonou, au Bénin. Retrouvez son interview dans notre dossier.
Pour en savoir plus sur le palmarès 2007 : www.forwomeninscience.com












